Les plastiques des services alimentaires : une ressource inexploitée

Pourquoi s’intéresser aux plastiques des services alimentaires ?

Ils sont très utilisés : dans les cuisines de restaurants, les comptoirs de prêt‑à‑manger, les services traiteurs, chez les transformateurs alimentaires et bien sûr dans les épiceries. Les plastiques de grade alimentaire sont omniprésents sur la chaîne de valeur bioalimentaire.

Lorsque collectés en mélange avec d'autres plastiques, il est plus difficile de les recycler dans un grade alimentaire. Pourtant, la demande pour du contenu recyclé de grade alimentaire est en croissance, encouragée par des politiques et exigences réglementaires en recherche de matières plus circulaires.

Et si nos contenants nourrissaient plutôt un nouveau gisement, capable d’alimenter une filière locale de valorisation ?

Dans cet objectif, Lichens et La vague ont mené une étude inédite de caractérisation, visant à documenter les volumes, les usages et les pratiques de gestion en fin de vie de ce gisement encore peu exploité. Soutenue financièrement par le programme Écoemballage+ du FAQDD, les résultats de cette analyse sont présentés ici. 

Ce que nous avons appris

Grâce aux réponses recueillies auprès d’une diversité de commerces, nous avons pu dresser un portrait inédit des types, volumes et usages en fin de vie des contenants plastiques alimentaires. Parmi les 39 commerces répondant à cette étude, on retrouve des cafés, des restaurants, des épiceries, des cafétérias, des comptoirs alimentaires, des transformateurs, des boulangeries et des fromageries.

Profils des participants selon le type d’activité

- Restauration (café, boulangerie, restaurant, cafétéria)

- Transformation alimentaire

- Catégorie mixte (détaillants alimentaires, hôtels, traiteurs)

Près de 70% des répondants sont des petites entreprises de moins de 25 employés, ce qui correspond aux statistiques observées dans les secteurs du service alimentaire.

Répartition des participants sur le territoire québécois

Environ les deux tiers (64 %) des participants sont situés dans la région de Montréal.

Apprentissages généraux

  • Dans la grande majorité des cas, ces contenants de plastique sont déjà orientés vers le recyclage ou réutilisés à l’interne. Ainsi, instaurer une collecte dédiée s’inscrirait dans un geste de récupération déjà bien ancré.

  • À noter toutefois que le profil des répondants étant principalement des petites entreprises, les résultats sont influencés par un probable accès à la collecte sélective.

  • La collecte de ces emballages se fait actuellement en mélange. Le défi résiderait donc dans l’ajout d’une nouvelle voie de collecte.

Les “bag-in-box”

La moitié des commerces alimentaires utilisent ces emballages.

Les utilisateurs y reçoivent principalement de l’huile

Les commerces utilisateurs consomment en moyenne trois bag-in-box par semaine

90 % sont déjà récupérés.

Les chaudières

Presque tous les commerces alimentaires (90 %) utilisent des seaux et chaudières.

Dans les deux tiers des cas, ces contenants sont utilisés pour des produits réfrigérés.

Les commerces utilisateurs consomment en moyenne deux seaux et chaudières par semaine. 

Moins de 5 % sont actuellement envoyés à l’enfouissement.

La collecte dédiée

  • Généralement, une collecte hebdomadaire suffirait amplement à la demande, sauf pour un tiers des répondants qui souhaiteraient bénéficier d’une collecte sur demande.

  • Seulement la moitié des répondants aurait un espace disponible pour l’entreposage des contenants en fin de vie avant leur collecte, ce qui représente un inconvénient majeur.

  • Le service de collecte dédié devrait être gratuit: il s’agit du levier prioritaire cité par les commerces alimentaires. La simplicité des opérations, des incitatifs financiers et la possibilité de bénéficier de la visibilité d’un tel projet sont les autres priorités mentionnées pour encourager la participation des commerces.

Conclusion préliminaire

Cette analyse démontre que le gisement est significatif et le potentiel de circularisation existe bel et bien. Au Québec, il y a environ 18 500 établissements de restauration commerciale (source). Si la génération de ces établissements correspond aux résultats obtenus, ce serait près de 70 000 contenants par an qui pourraient potentiellement être remis en circulation soit en réemploi et/ou en étant réintégrés dans un nouvel emballage alimentaire.

Le défi repose néanmoins sur l’établissement d’un système de collecte viable qui permet de desservir de multiples “petits” générateurs.

Circulariser la matière : bénéfices environnementaux

À partir des ordres de grandeur observés dans l’étude, on peut estimer que le gisement de contenants de plastiques alimentaires au Québec représente près de 5 000 tonnes par an de matière, ou jusqu’à 300 kg par commerce par an. Autant de matière qui pourrait être recircularisée, en réemploi ou en recyclage en boucle fermée.

Chaque cycle de réemploi permettrait d’éviter la fabrication récurrente d’un nouveau contenant, réduisant ainsi la consommation de ressources associée à la production de l’usage unique. Des analyses de cycle de vie (ACV) pourraient préciser les boucles de réemploi où les gains environnementaux seraient les plus significatifs.

Lorsque la réutilisation n’est pas possible, le recyclage en boucle fermée de ces plastiques alimentaires permettrait de préserver la valeur de la matière et limiter le recours aux plastiques vierges.

Circulariser la matière : retombées économiques

D’un point de vue économique, les plastiques de grade alimentaire se distinguent par leur compatibilité avec des procédés de recyclage à haute valeur ajoutée. Correctement triés, un recyclage mécanique les transforme en matière recyclée de qualité supérieure, compatible avec des applications alimentaires. Ainsi, un plastique recyclé en grade alimentaire peut valoir jusqu’à trois fois la valeur du même plastique recyclé dans des applications non alimentaires. 

L'évaluation économique d’un système de réemploi de ces contenants dépend largement des boucles de réemploi bâties. En effet, la distance entre les utilisateurs et les récupérateurs, l’optimisation des installations de lavage ou encore le coût des contenants à usage unique qu’ils viennent remplacer, sont autant de facteurs qui influencent la viabilité économique du réemploi. Il conviendra de privilégier des boucles de réemploi les plus locales possible et des installations de lavage mutualisées.

D’un point de vue coût/bénéfice, ces approches pourraient permettre une optimisation des coûts de production, tout en maintenant le bénéfice de la valeur ajoutée de ces matières sur le marché.

L’engouement des commerces alimentaires sondés démontre un intérêt certain pour ce type de projet dans le secteur. Les coûts étant une priorité pour ces organisations, le modèle d’affaire retenu devra nécessairement reposer sur une collecte gratuite.

Et maintenant ? On passe à l’action, avec vous !

La prochaine phase du projet vise à concevoir et tester des scénarios de collecte pour réemploi ou recyclage en boucle fermée. L’objectif sera d'identifier des systèmes de circularisation réellement opérationnels et économiquement viables.

Nous recherchons des partenaires prêts à accélérer la transition écologique!

Vous êtes :

  • un commerce alimentaire,

  • un distributeur ou fournisseur d’emballages,

  • un recycleur de matières plastiques,

et vous êtes motivés à contribuer à l'innovation collective tout en réduisant votre empreinte environnementale? 

… il y a une place pour vous dans cette démarche! 

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Vous avez des questions, des idées ou l’envie d’explorer comment contribuer aux prochaines étapes du projet, nous serons ravis d’en discuter avec vous.

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Ce projet est mené par :

Ce projet est Soutenu financièrement par :

 

Projet pilote - FAQ

  • Pour les commerces alimentaires, votre participation consistera à identifier un emplacement adéquat pour un bac de collecte dédié, à sensibiliser vos employé·e·s et à partager vos retours d’expérience.

  • Le projet comprend l’installation d’un bac dédié, une collecte à fréquence fixe et l’acheminement vers un centre de conditionnement du plastique.

    Pour les détaillants alimentaires, cela implique  :

    • Un emplacement pour un bac de collecte dédié

    • La communication et la sensibilisation du personnel (outils fournis)

    • Des suivis et retours d’expérience.

    L’objectif est de tester un modèle simple et réaliste. Des informations plus détaillées seront communiquées une fois les modalités confirmées.

  • Toute entreprise ou organisation du secteur alimentaire au Québec, dont les détaillants alimentaires, transformateurs, fournisseurs, distributeurs et recycleurs intéressés à tester des solutions concrètes.

    Le pilote est ouvert autant aux petites entreprises qu’aux grandes organisations.

  • Les objectifs sont les suivants :

    • Garantir que les commerçants conservent exactement le même geste final.

    • Une rencontre de démarrage et un court suivi mensuel par téléphone.

  • La participation sera minimalement gratuite. Nous souhaitons également pouvoir offrir un incitatif financier aux organisations participantes, selon les financements obtenus.

  • Tout contenant en plastique de grade alimentaire, voici quelques exemples: chaudières d’aliments préparés et condiments (mayonnaise, moutarde, etc.), contenants rigides en plastique clair (repas préparés, olives, etc.) ou encore poches de type bag‑in‑box (huiles, vinaigres, etc.). 

  • Pas du tout. Sont invitées autant les entreprises déjà bien avancées en pratiques écoresponsables que celles pour qui ce projet pilote représente une première incursion dans la durabilité.