Concevoir, fabriquer et réemployer au Québec
Feuille de route pour une filière locale de contenants alimentaires réutilisables
À qui s’adresse cette feuille de route ?
Acteurs du secteur bioalimentaire québécois qui souhaitent réduire l’usage unique, structurer des solutions de réemploi et soutenir l’économie locale.
Ce que nous avons vu dépasse les emballages.
C’est une filière qui se structure, des compétences qui se relocalisent, et des pratiques qui évoluent à chaque étape de la chaîne.
Reste maintenant à imaginer jusqu’où ce mouvement peut aller.
Et comment, dès demain, le réemploi pourrait transformer d’autres secteurs — l’épicerie, le maraîchage, la transformation alimentaire.
Le savoir-faire est là. Et maintenant, qu’est-ce qu’on choisit de faire circuler ?
Pourquoi agir maintenant ?
Du café pour emporter à l’épicerie, en passant par les repas livrés qui facilitent notre quotidien, notre alimentation repose aujourd’hui presque entièrement sur des contenants à usage unique.
Une dépendance qui, collectivement, nous coûte cher. Chaque année, au Canada seulement, des milliards de contenants sont utilisés quelques minutes à peine, avant d’être jetés.
Et même lorsqu’ils trouvent leur chemin vers un bac de récupération, trier et traiter ces millions de tonnes de matières n’est pas sans impact. Bref, le réemploi reste la solution la plus simple… et la plus solide.
En effet, le réemploi n’est plus une expérimentation marginale : c’est une solution éprouvée, déjà en action dans le secteur institutionnel, l’événementiel et chez les détaillants alimentaires. Lorsqu’il est conçu, fabriqué et opéré localement, le réemploi devient aussi un puissant levier économique et climatique.
La vision :
bâtir des chaînes locales du réemploi en 6 étapes
1. Concevoir pour le réemploi
C’est l’étape la plus importante !
Design robuste
Empilable
Lavable dans des installations industrielles
Mono-matériaux, recyclables en fin de vie
Privilégier la modularité : un même contenant, plusieurs usages
Traçabilité intégrée au besoin (code QR, tag RFID, système de consigne). Attention, la technologie choisie doit avoir une vraie valeur ajoutée pour l’usage.
Clé de succès : concevoir en collaboration avec les futurs utilisateurs des objets (commerces, consommateurs, logisticiens).
2. Identifier votre partenaire de fabrication locale
La fabrication locale permet :
un meilleur contrôle de la qualité et des impacts environnementaux
la réduction des frais et coûts de transport
un plus grand contrôle sur sa chaîne d’approvisionnement et donc sur ses variations de coûts
Elle implique toutefois des défis : coûts des moules industriels, volumes de fabrication parfois plus importants que le besoin initial , rentabilité à moyen terme seulement. Ces obstacles peuvent être surmontés par la collaboration et la mutualisation des investissements et des ressources.
Des modèles hybrides (production partielle locale, montée en volume progressive) peuvent également constituer des premiers pas décisifs. Pour vous aider à identifier votre partenaire manufacturier, contactez les associations sectorielles et centres d’études dédiés:
N’hésitez pas à aller à la rencontre des manufacturiers lors des salons sectoriels dédiés. C’est souvent par les discussions en personne que l’on découvre nos meilleurs alliés!
3. Déployer un réseau d’acteurs engagés pour votre filière
Le réemploi fonctionne lorsqu’il est simple pour les équipes et la clientèle. Pour assurer un bon fonctionnement :
Intégrer le système de contenants réutilisables aux opérations existantes
Former les employé.e.s dès l’embauche et renouveler régulièrement la formation aux employé.e.s
Proposer systématiquement les options réutilisables aux publics cibles et communiquer clairement sur les impacts positifs
Se fixer des objectifs réalistes d’intégration du réemploi
Sur le terrain, les commerces constatent :
une réduction des coûts d’emballages jetables
la fidélisation de la clientèle
le recrutement de personnes qui partagent les valeurs de l’entreprise
4. Mutualiser la logistique et le lavage
Pour que le réemploi fonctionne à grande échelle, les acteurs doivent partager des infrastructures plutôt que les dupliquer. La mutualisation du lavage et de la logistique permet de réduire les coûts, d’optimiser les transports, d’améliorer la qualité de service, de générer des économies d’échelle et de faciliter l’adoption pour les établissements participants.
Plus les acteurs collaborent, plus le coût par contenant diminue.
5. Distribuer et accompagner la transition
Les distributeurs jouent un rôle clé :
conseiller le bon emballage pour le bon usage
accompagner les commerces dans les changements réglementaires
offrir des solutions complémentaires (réutilisables et usage unique)
Le réutilisable ne remplace pas tout du jour au lendemain : il s’intègre progressivement, selon les réalités de chaque milieu.
6. Passer à l’action
Commencer petit : un objet, un partenaire, un projet pilote
S’entourer! Parlez avec votre écosystème de votre projet, vous serez surpris des alliés que vous pouvez y trouver
Miser sur la collaboration plutôt que la perfection